¡ No pasaran !

alaunenopasaranAprès notre belle aventure en bateau nous avons passé 2 jours de repos à Trinidad, capitale du Beni. Cette ville n´est pas exceptionnelle mais elle à le merite de n´être pas trop grande, on y mange bien, on s´y déplace en moto taxi et la bière y est fraiche et pas chère 🙂 Nous en profitons pour faire du shopping à la feria de la via Corina, sorte de « puces de clignancourt » de la fringue local, pour s´acheter quelques chemises afin de se protéger des moustiques sanguinaires et du soleil. Nous faisons des folies… deux chemises pour Chou et pour Poupette deux tuniques et des sous vêtements… le tout pour 10 euros 🙂 on a vraiment craqué aujourd´hui. Nous réservons nos billets de bus pour partir dimanche matin à Rurrenabaque, situé à 380 km de là (12h de route…). Cependant les choses ne vont pas se passer exactement comme nous l´espérions…
Dimanche matin, 6h45 le réveil sonne… dur dur. Remballage, douche de réveil et petit dèj sur la terasse. Jusque là tout va bien à part le réveil difficile. 8h20 nous prenons un taxi pour la gare routière, un kilomètre avec cette chaleur ça va nous tuer dès le matin alors ce sera « mode princesse ». 8h30 nous arrivons à la gare routière… là les ennuis commencent: le village de San Ignacio, situé à 92 km de Trinidad sur la route de Rurrenabaque est bloqué par ses habitants à cause d´une future route asphaltée. Le bus ne part pas et il semblerait que la situation ai prévu de durer au moins 3 jours… que faire ?
– Un avion ? cher et franchement vu la tronche des véhicules terrestres, franchement c´est pas rassurant de monter dans un vehicule Bolivien volant….
– Un bus passant par Santa Cruz de l´autre côté ? il y en a pour au moins 2 jours de voyage
Le chef de la boite de transport nous propose une solution: il peut nous trouver un minibus pour le village en question, nous traversons le village à pied (là la distance reste obscure…entre 800m et 15 km de marche… ah les fourchettes Boliviennes…) et nous reprenons un transport de l´autre côté du village pour rejoindre San Bojra d´où nous trouverons des bus pour Rurrenabaque et « Listo »… facile quoi !
On se tate… la plaisanterie augmente considérablement le prix… mais bon, aller vamos… nous ne savons pas à ce moment là que nous nous dirigeons vers un des pires épisodes de notre voyage (pas de stress on est en vie 🙂 puisqu´on écrit).
Le minibus pourrave arrive donc… suspensions inexistentes bien sur nous sommes assis sur la banquette arrière… le trajet de 4h (oui oui 92km il y a …) entre nids de poules et chauffeur incompétent… du bonheur pour le dos. Il est 13h30 lorsqu´il nous dépose à un barrage de terre. Finalement nous sommes à 7 km du village… il y a 3 autres barrages à passer avant de rentrer dans le village… Génial, nous qui n´avons pas voulu marcher un km ce matin nous nous retrouvons à devoir en faire 7 en plein cagniard et sans avoir manger… on a la foi !
La marche et longue et épuisante mais ce n´est pas pour nous qu´elle est la pire… nous voyons cette femme avec sa petite fille de deux ans ou encore ce vieux monsieur avec ces deux sacs de patates plein sur le dos qui voudraient rentrer chez eux à San Bojra et nous nous disons que nous ne sommes pas les plus à plaindre. Le troisième barrage passé,nous apercevons au loin le barrage « humain », on entend le son des pétard, des cris et de la musique. Nous pensons déjà au coca cola bien frais que nous comptons boire sur la place du village dont on dit qu´elle est la plus belle de Bolivie…
Nous arrivons au niveau de la foule, nous pensant sauvés et arrivés au bout de notre peine quand retenti un « No pasaran » (ils ne passeront pas). La femme et sa petite fille, épuisées, n´ont pas le droit de passer, le vieil homme non plus… quand à nous ? nous tentons la diplomatie française… mais… Alix reçoit une orange en pleine tête… chou un coup de baton et une pierre… Poupette prend une orange aussi… la foule s´énerve et ça commence dégénérer… nous nous demandons vraiment pourquoi ces gens s´en prennent à nous ?
Explication: Les gens du village veulent une route asphaltée mais une communauté indigène proche (et protégée par des ONG où travaillent des gringos auquels nous avons le mauvais gout de ressembler semble-t-il) n´en veut pas. Cette communauté est appuyée par des populations de la ville de Santa Cruz qui sont en route pour faire un barrage et dir « Non à la Carretera ». Donc les habitants ont décider de faire un blocage pour bloquer des gens qui viennent faire un blocage… mais dans la bataille ils ont décider que quiconque ne fait pas parti du village ne passera pas…
Bref, nous nous éloignons par sécurité car certains personnages attisent la foule à notre encontre… d´autres on l´air de vouloir nous aider. Nous réclamons de l´eau… à manger… non nous n´avons le droit à rien. Nous tentons d´appeler l´ambassade mais pas de réseau… nous sommes seuls 3 contre 500… et ce sont les enfants qui vont nous remonter le moral… d´abord ils vont nous mettre à l´abris à l´ombre d´un arbre puis nous rapporter des noix de coco pour boire et nous aider à cueillir des pamplemousses. Heureusement qu´ils étaient là. Ils veulent même nous aider à contourner le barrage mais nous refusons pour éviter les ennuis. Nous passerons par la diplomatie ou nous rentrerons à Trinidad.
Vers 17h30, un homme nous annonce qu´il retourne en bus à Trinidad ce soir vers 6-7-8 (comme d´hab), nous lui disons immédiatement que nous partirons avec lui. Son bus était au premier barrage, nous repartons à pied… 7km… Lorsque nous arrivons, il fait nuit et l´attaque des moustiques est pire que jamais… la route est au milieu des marais. Nous cherchons le chauffeur qui lui était reparti en moto au bus et où est-il ? et bien il se repose tranquille sous sa moustiquaire sur le toit du bus… en fait on va partir un peu plus tard dit-il… Nous attendons…
Une ambulance arrive de Trinidad, l´infirmier semble vouloir nous aider à rentrer mais il faut attendre une patiente venant du village et s´il reste de la place nous pourrons monter aussi… Nous attendons…
A 20h30… le chauffeur du bus sort de son lit improvisé et on le voit disparaitre, il retourne au village ! C´est à 22h qu´il revient et nous dit : « Je vais me reposer un peu et après on y va, mais les moustiques ne vous piquent pas vous ? » nous sommes à bout… ils nous piquent pas ils nous dévorent ducon !
Nous nous préparons des spaghettis thon tomate qu´Alix avait eu la bonne idée d´avoir dans son sac… puis nous attendons… des véhicules viennent et repartent, aucun ne veut nous aider. Les mots altruisme, aide, solidarité et assisance ne font pas parti du vocabulaire Bolivien. A 00h30, lorsque nous entendons notre chauffeur ronfler allègrement, nous sommes épuisés par l´assaut insésent des moustiques. Nous décidons de monter les tentes : chaleur ou moustiques il faut choisir… ce sera chaleur. A 1h00 la patiente de l´ambulance arrive ! L´ambulancier dit quíl doit partir de suite… mais le père de la patiente veut bien nous emmener si on paye…cher… il n´y a pas d´heure pour le négoce… quelle pourriture… nous refusons. Nous dormons quelques heures jusqu´à ce que le réveil du chauffeur sonne à 5h… « Edo, on part quand demande Poupette ? »… »Je fais un saut au village en moto et après on y va »… il reviendra à 8h30… nous partirons à 9h50…
De retour à Trinidad, nous nous sentons bien mieux après un bon repas, une douche fraiche et l´achat de nos billet de bus pour cette nuit en direction de Santa Cruz… la suite dans quelques jours !

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Catégories : Amérique du sud, Bolivie, Destinations | 6 Commentaires

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6 réflexions sur “¡ No pasaran !

  1. Manu

    Et bin… ils sont fous ces Boliviens!!!

    Mais bon, quand vous ditent qu’ils ne vous ont pas donné à manger la je suis pas d’accord!!!
    Les oranges c’est bon!!! 🙂
    Par contre je reconnais que pour « Chou », la pierre et le coup de baton c’est tout de suite moins simpa et ça se mange pas 😦

    • C est clair ils sont fous dans cette region ! J ai bien failli ramasser l orange, finir de l eplucher, la manger et leur dire merci mais je crois pas qu ils auraient compris !
      On s´est barrés aussi vite qu on a pu 🙂 Maintenant nous sommes en paix à La Paz 🙂 ou presque car ça ville est loin d´etre un havre de paix (comme toutes les grandes villes) !

  2. J’adore votre style!! du coup vous êtes pour ou contre la route?? c’est ça la vrai question!! nous on viens d’arriver à Cochabamba!! bon courage pour Santa Cruz c’est vraiment la pire ville qui soit!! on se retrouve au Titicaca??

    • Bon nous on était pour ! Mais bon pour faire chier le village de San Ignacio de Moxos ben maintenant on est contre et archi contre, qu´ils restent dans leur trou paumé ces sauvages ! Vous êtes à Cochemarbamba ? super ! Evitez l´aji et le falso conejo du marché… sinon on connait un bon hosto là-bas! On part à Sorata là, au nord de La Paz et normalement on devrait être à Copacabana mercredi ou jeudi. Tenez nous au courant.
      Et ne prenez pas la compagnie San Miguel pour aller à La Paz, c´est pourri. Bolivia ou Bolivar c´est bien mieux !

  3. De Giuli

    quelle aventure, chui à la bourre pour vous lire mais je pense bien fort à vous 2 et vous suit dès que je peux, big kiss!

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