Colombie-Panama, il y a les voiliers et les galères…

Vous ne vous demandez même pas lequel on a choisi bien sûr pour passer la célèbre frontière Colombie-Panama. Le passage de l´Amérique du Sud à l´Amérique Centrale est impossible par la route car elles sont séparées par le Darien, des hectares de forêt vierge impénétrables. De plus il est extrêmement dangeureux de s´y aventurer car le Darien est aussi le terrain de jeu des narcotraficants et des guerilleros. Un lieu de non droit ou il ne fait pas bon trainer ses p´tites  fesses de gringo. On peut le passer par les airs ou par la mer. Evidemment ce sera la mer, mais là encore plusieurs options s´offrent à nous, de la plus couteuse à la plus… pénible… nous avions le choix entre le beau voilier ou la lancha en bois… et nous avons choisi les galères ! L´histoire pourrait aussi s´appeler, Poupette et Chou mettent 3 jours pour passer la frontière…

Le plan est donc le suivant pour arriver à Panama City: Obtenir le tampon de sortie de Colombie à Capuragana, puis prendre une première lancha jusqu´à Puerto Obaldia où nous devons faire tamponner notre passeport pour entrer au Panama, puis le lendemain une autre lancha jusqu´à Carti et de là, une jeep jusqu´à Panama city. Dans l´absolu c´est simple ! Mais il y a des horaires…

Première étape, sortir de Colombie…

Le bureau des migration de Capurgana est ouvert quasiement toute la journée, mais… l´électricité n´arrive qu´à 12h le samedi (et on est samedi bien sur). Pas d´électricité donc pas d´informatique donc pas de tampon. Nous attendons donc 12h et nous y rendons… « On a un problème avec le système jusqu´à 14h »… (en fait le vrai pb c´est que c´est l´heure du déjeuner…). Nous revenons donc à 14h et a lancha de 12h nous attend toujours ! « Ah ben ca marche toujours pas, encore 30 minutes… ». Nous commencons a nous impatienter d´autant que les bureau de l´immigration Panaméenne de Puerto Obaldia ferment à 16h! Nous obtenons finalement le tampon à 14h45 et partons à 15h avec la lancha de 12h. Normal.

Avant de partir, le lanchero nous déleste encore de quelques 10.000 pesos pour surcharge de bagages… Comme vous le savez si vous avez regardé l´épisode précédent, nous n´avons plus un copec en poche, même pas assez pour le bateau de demain. Ce soir on va manger nos mains si ca continue !

Petite anecdote sympathique, nous embarquons avec nous un Américain complétement fou qui voyage avec juste un sac en plastique car il a peur quón lui mette de la drogue dans ses bagages…

Nous voilà donc partis.  Avec nous en plus du loufoque, Julian l´Argentin, Claudia l´autrichienne et sa petite fille de 6 ans, tous trois rencontrés dans l´hostal. Nous n´accrochons pas particulièrement avec eux pour leur côté « j´ai tout vu, j´ai tout fait et j´aime faire la lecon à tout le monde… »  mais parfois les gens s´adoucissent dans les galères alors peut-être aurons nous une bonne surprise en route :-).

Deuxième étape, Puerto Obaldia…

Nous arrivons à 15h45… les militaires nous prennent les passeports et nous demandent d´ouvrir nos sac pour la recherche de drogues. Ils bavardent, ils bavardent et… à 15h59 ils nous rendent nos passeports! « Ah ben maintenant c´est trop tard pour le bureau de la migration, il faudra attendre demain 8h ». Consternant. Bienvenue dans les Caraïbes, hein Mawi Tewese (revoyez vos classiques… les inconnus ;-))

Nous apprenons qu´il faut aller faire trois photocopies du passeport pour l´immigration… nos derniers deniers en prennent encore un petit coup au passage…

Nous achetons de quoi manger ce soir (spaghetis et concentré de tomates… hummm) et partons chercher un endroit pour passer la nuit dehors.

Nous proposons à nos co-galériens de manger avec nous car ils n´ont pas de réchaud. Au programme, pates à la tomate avec des oignons et des oeufs, pas mal non ? Et bien si on avait su, on se serait abstenus… ils nous ont regardés préparer et nous galérer à faire à manger pour 6 dans un réchaud pour 3 sans lever le petit doigts, ont trouvé moyen de critiquer le résultat (franchement on a déjà mangé bien pire) et n´on même pas aidé à faire la vaisselle ! La conversation elle aussi est plus que difficile… avec monsieur le dictateur et madame je sais tout on a vraiment beaucoup du mal… comment peut-on être aussi peu ouverts d´esprit en voyageant…

Cette soirée confirme que nous n´apprécions vraiment pas ces personnes 🙂 Vivement demain tiens, on les fera passer par dessus l´bord !

Troisième étape, la lancha…

Nous nous réveillons très tôt et apprenons qu´il y a une seconde lancha ce matin. Plus rapide que celle que nous devions prendre (4h au lieu de 7h30 tout de même). Problème ? elle veut partir très tôt et ne peut pas attendre que nous ayons notre tampons d´entrée au Panama à 8h… nous la voyons donc partir sans nous. Dommage car en plus de gagner du temps, celà nous aurait éviter de faire le voyage avec les deux autres.

Pour l´obtention du tampon… autant le bureau ferme à l´heure mais pour l´ouverture c´est différent ! 8h10 plus le temps interminable de faire les papiers… on se croirait à la sécu Francaise ! Bref, à 8h30 nous sommes officiellement au Panama.

Reste le problème du paiement de la Lancha… Nous informons le lanchero de notre situation, il prend un air suspicieux et non dit « C´est quand même bizarre ca que tout le monde me dise qu´il n´a que 80 Dollars ». Hein ???? Nous savons pertinament que nous sommes les seuls dans cette situation mais le couple Argentino-Autrichien à qui nous avons parlé de notre problème, croyant que nous allions réussir à avoir une réduction s´est dit qu´il allait profité de la situation. Mais du coup, celà nous discrédite auprès du lanchero qui ne nous croit pas et n´a pas l´air de vouloir nous aider. Nous sommes vraiment dépités et  furieux. Comment peut-on être aussi mauvais…  comment peut- on montrer autant d´égoisme et de manque d´ampatie envers les autres voyageurs… ils ne méritent même pas d´être là. Mais reprenons nous. Le lanchero nous propose finalement de venir avec nous dans la jeep et d´être payé à Panama City. Nous embarquons donc ! Direction panama.

Qui veut passer 7h30 là dedans ?

Nous on voulait ca !

Le trajet est absoluement horrible… Finalement les deux saloperies descendent à Caledonia, une île des San Blas, au bout d´1h30 donc c´est déjà ca de gagner :-). 7h30 de barque en bois… le corps souffre, le sel nous dévore la peau, le soleil nous chauffe la tête… les vagues heurtent notre embarcation à babor et nous donne l´impression que nous allons nous retourner… Parfois quelques moments de bonheur lorsqu´un aileron de dauphin nous apparait ou que nous traversons les San Blas et découvrons toutes ces jolies îles mais la douleur reprend souvent le dessus…

Bienvenue à Carti, capitale du capitalisme !

Vers 17h30 nous abordons les dernières vagues nous séparant de Carti aux San Blas. Il fait presque nuit, nous avons faim (nous n´avons pris qu´un café et un petit pain à 7h), nous avons froid, nous sommes sales, le sel nous brûle la peau… tout va bien quoi 🙂 Et là encore notre bonne étoile à du prendre des vacances car la dernière Jeep est partie à 17h !!!!!! Il va nous falloir passer la nuit ici. « Oh les pauvres, ils vont devoir passer la nuit aux San Blas, l´un des plus beau lieu des Caraïbes » 🙂 mais là pour tout vous avouer nous étions tellement morts que San Blas ou pas nous voulions juste un lit, un repas et une douche !

C´est quoi les San Blas ? Il s´agit d´un archipel de plus de 350 îles où vivent et règnent les indiens Kuna Yala ou Kunas.

Ici c´est leur loi qui prévaut, et la loi des Ispisdi-Kunas et bien elle dictée par le capitalisme… pour respirer sur leur terre il faut payer un impôt, pour poser le pied sur une île il faut payer, pour dormir dehors il faut payer, pour pisser il faut payer… à chaque infraction il faut payer une amende:  pas le droit de prendre des photos du rio, pas le droit de tomber amoureux d´une Kuna… etc… Ils ont compris depuis longtemps qu´ils vivaient dans un endroit paradisiaque et ils comptent bien en tirer profit. Leur drapeau aussi est très évocateur…

En revanche il ne prendre pas grand soin du lieu et jètent toutes les ordures à la mer…

Nous dormons donc ici dans une chambre spartiate mais jolie. Le prix est évidemment bien trop élevé pour la qualité du service mais au moins nous pourront nous reposer. Nous dévorons une assiette de poulet et de riz et allons nous coucher.

Quatrième et dernière étape, la jeep…

7h, nous partons de Carti pour aller prendre la Jeep. Nous nous acquittons de nos impôts bien sûr et en voiture tout le monde. Marcelino, le lanchero vient avec nous à Panama city comme convenu. 2h de montagnes russes plus tard nous découvrons cette énormes ville qu´est Panama city… des grattes ciels nous accueil, nous voyons les bateaux attendant en file indienne de passer le célèbre canal. Finalement nous allons au même hostal que Marcelino pour nous simplifier les choses. C´est un hostal de backpaper situé dans le quartier historique. Nous sommes agréablement surpris par la ville. Après plus de deux semaine de plages, de calme et de petits villages, un retour à la civilisation ne fait finalement pas de mal.

Après toutes ces petites galères, nous voilà donc enfin arrivés au Panamá !!!!!!

Quelques infos:

Lancha Capurgana – Puerto Obaldia : 25.000 pesos + surplus poids des bagages.

Lancha Puerto Obaldia – Carti : 100 Dollars (non négociable)

Hotel à Puerto Obaldia : 10 Dollars

Jeep Carti – Panama City : 25 Dollars

Nuit à Carti : 8 Dollars pp / Repas : 3 Dollars

Impôts à payer : entre 2 et 6 Dollars selon si on a de la chance ou non !

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