Saltillo – Cuatro Ciénégas, première étape réussi.

252km parcourus, de l´asphalte, de la terre, du sable, des graviers, du soleil, un vent de face et des tornades de sables… notre première étape n´ a pas été de tout repos mais on l´a faite ! Au cœur du Mexique du nord, à travers les petits villages où avec des enfants fascinés par nos montures et des gens adorables, les « vaqueros » nous ont accueillis avec le sourire et une grande hospitalité. Nous sommes dans un autre monde. Montagnes rocheuses, ciel bleu, steppe désertique, cactus et végétation extraordinaire… nos efforts sont récompensés par les paysages surréalistes et magnifiques du désert Cohuilense. On se croirait dans une bd de Blue Berry. Ce voyage se termine en beauté avec notre arrivée dans la réserve de la biosphère et le village de Cuatro Ciénégas, perdu au beau milieu du désert.

Premier jour, on réapprend à faire du vélo… avec 20kg de plus derrière…

Lorsque nous sortons de l´hôtel avec nos vélo chargés, nous avons déjà du mal à les maintenir debout… ça promet ! Nos premiers coups de pédales ressemblent à ceux d´un enfant apprenant à faire du vélo. Le point d´équilibre est dur à trouver, il faut se faufiler entre les voitures et sortir de la ville, les premiers kilomètres vont être difficiles.

7km plus loin, nous y sommes, les immeubles et la circulation sont derrière nous, les grands espaces nous appellent. Il est 10h30, nous sommes prêts et nous lançons sur l´asphalte de l´ancienne route pour Monclova. Objectif : rejoindre l´embranchement avec l´autoroute à 52km de là. Quelques côtes, de jolies courbes, une route bien lisse, peu de circulation, à 12h nous avons déjà parcouru 25km. Le soleil commence à nous taper sur la tête alors nous profitons d´un coin d´ombre et d´une air de pic-nic pour un déjeuner bien mérité et une petite sieste.

Il est 13h30, nous repartons. Après quelques belles montées, vent dans le dos, bonnes descentes, superbes vues, nous avalons les kilomètres jusqu´au kilomètre 51.

Au bout nous observons déjà la circulation dense de l´autoroute 57 que nous allons malheureusement devoir suivre pendant presque 80km. Mais pour aujourd´hui nous avons atteint notre objectif alors il est l´heure de trouver de l´eau et un endroit pour planter nos sardines. C´est au Ranch La Gamuza, au kilomètre 54 que nous sommes accueillis. Nous avons des hectares de déserts pour nous, de l´eau à volontés et une vue imprenable. Nous préparons le repas quand tout à coup… pffff… plus de carburant dans la bouteille du réchaud !!! Nous mangerons des pâtes mal cuites avec du thon et de la tomate… dommage.

Le soir, au loin des cris retentissent… nous venons de faire connaissance avec les coyotes qui deviennent très bavards à la tombée de la nuit.

Deuxième jour, faux plat ou vrai montée ?

Objectif du jour : rouler tant que nos jambes pédalerons sur cette autoroute infernale. C´est une simple voie, nous nous plaçons sur la bande d´arrêt d´urgence par sécurité… c´est marrant les camions aussi ont eu la même idée ! Pas vraiment rassurant… à chaque bruit de 36 tonnes que nous entendons derrière, nous nous demandons s´il va bien penser à doubler. L´asphalte est une horreur, une sorte de goudron mélangé à du gravier et passé à la fourche qui nous freine. La route semble plate et pourtant nous forçons comme si nous étions depuis 20km en montée. Nous avons du mal à dépasser la première.

Après 30km, au kilomètre 83, c´est une station-service (l´unique apparemment) et un panneau « carne asada » qui vont nous réconcilier avec la vie. Déjà nous mangerons des pâtes cuites ce soir et en plus nous nous en mettons plein la panse avec une assiette mémorable de viandes au barbecue. Vive le pays des vaqueros ! Bien repus nous reprenons la route car nous n´avons pas avancé comme nous le voulions ce matin. Foutu goudron de m…

Malheureusement cela ne va pas s´améliorer et c´est à une vitesse de 8km/h que nous avançons… pas terrible. Nous arrivons tout de même à faire 30km de plus qui nous amènent au petit village de Guadalupe au pied de la Sierra La Gavia dont on nomme le passage du col « La Muralla »… nous gardons ça pour demain !

Au village nous campons sous une sorte de préau abandonné derrière l´église. Le commissaire voulait nous prêter une chambre mais nous aimons bien notre tente. Il nous prévient juste que nous aurons surement la visite des vaches. Après les coyotes nous ne sommes pas à ça prêt. Petit ravitaillement à la boutique du village… ce sera une nouvelle fois du thon en boite avec de la sauce tomate.

Troisième jour, fin de l´asphalte et début de la galère !

« La Muralla »… et bien ça grimpe dur par là… cette montée est interminable. Nous allons mouliner pendant 14 longs kilomètres, avec, pour nous aider, un petit vent de face bien sûr. Au kilomètre 121 Poupette croit voir un mirage… à 200mètre un panneau jaune et noir… dans ses rêve il indiquerait une forte descente… dans la réalité ce sera surement autre chose… Il se rapproche… et… il s´agit bien d´une petite voiture sur un triangle indiquant une grande descente J

Km123, km125, km127, km129… nous descendons et profitons enfin du paysage, c´est trop bon, Chou fait même une pointe à 64km/h. Et enfin arrive l´embranchement avec la route fédérale 71 qui mène à Cuatro Cienégas. Nous mangeons un bout au resto situé à l´angle et demandons des infos sur la route. « Ah ben, c´est asphalté pendant 5 kilomètres et puis après c´est de la caillasse »… nous espérons qu´il se trompe lorsqu´au bout du deuxième kilomètre effectivement, l´asphalte se termine même plus tôt que prévu ! Le panneau indique « Dolores 6 », et effectivement ce seront 6km de douleurs. Le chemin est chaotique et avec ce vent de face, le soleil qui cogne et la réverbération du gravier blanc ça devient vite un enfer. Nous mettrons 1h pour rejoindre la communauté de Dolores. Nous ne demandons si nous allons continuer comme ça sur 110km… ou si nous rebroussons chemin et reprenons l´autoroute… dilem entre camions et graviers que choisir ? Nous optons pour le gravier.

Nous passons un petit moment à l´ombre au petit village de Dolores. Un voisin nous propose de manger quelque chose, malheureusement nous avons déjà déjeuné. Un groupe d´enfants nous rejoint. « Elles sont trop belles vos bicyclettes, moi j´en ai une mais les pneus sont crevés »… nous distribuons quelques rustines, regonflons quelques pneus (ils n´ont pas de pompes ici) et sortons la carte pour expliquer le trajet aux petits qui ne savent pas ce qu´il y a après l´autoroute. Ils ont l´impression que nous allons traverser pleins de pays, mais non, tout ça c´est le Mexique, ton pays ! Ils n´en reviennent pas. Après ce petit cours de géographie il faut que nous repartions pour essayer d´avancer un peu.

Le vent redouble. Nous ferons 5km… en 1h… encourageant non ? Il est presque 6h nous poussons la porte en fer d´un terrain voisin et installons notre campement. Nous n´avons pas le courage de chercher le fermier pour lui demander l´autorisation, il habite surement à des kilomètres ! Les coyotes sont là aussi, fidèles au rendez-vous. Le vent s´arrête, nous laissant profiter d´un beau couché de soleil devant un repas… de pates au thon et sauce tomate ! Il semblerait que tous les villages ne vendent que du thon en boite.

Quatrième jour, le vent…

Réveil difficile. Nous savons ce qui nous attend… et bien en fait ce sera pire que ce nous avions pensé ! 8h30 nous partons, 20km nous sépare de Norias, le prochain village et nous espérons l´atteindre pour 12h. Ambitieux… 9h le vent se lève, 9h30 il redouble, 10h il détriple… et ça grimpe en plus. Mais qu´est-ce qu´on fait là ! 10h15 plus d´eau… Nous nous arrêtons chez un fermier mais remplir notre vache à eau. Il nous explique que ça grimpe encore jusqu´au col mais qu´après ça descend et qu´il reste 12km. Le vent nous ballote de droite à gauche de la route, les graviers nous faut sauter sur nos selles, nous n´avançons pas. Soudain une camionnette s´arrête au niveau de Poupette (à la traine bien sur vu qu´elle a préféré continuer à pied). C´est le fermier. « Je vais à Norias, je vous emmène ? ». Aller hop tout le monde dans la camionnette, les vélos, la cargaison, Poupette et Chou ! Ok c´est de la triche mais franchement vu la route et le vent nous serions certainement morts de faim et de soif avant d´arriver !

Le village de Norias est sous la tempête de sable. Le vent est glacial, nous sortons les manteaux et les cagoules pour nous protéger. Notre déjeuner sera à base de sardine à l´huile, mayonnaise, mais en boite et tortilla. Pas mal en fait bien qu´un peu gras. Mais le gras c´est la vie ! Surtout lorsqu´il fait froid.

Nous repartons à 14h pétante après avoir observé les énormes tornades de sable qui arrive face au sentier. On nous a annoncé que le chemin était encore pire jusqu´à La Reforma. 37km d´enfer nous attendent apparemment… Nous repartons à contre cœur mais maintenant que nous sommes ici il faut continuer.

Le sentier démarre. Route de terre les amis, et en descente ! Il n´y aurait pas le vent et le sable que nous mangeons par poignées nous y serions en deux coups de pédales à La Reforma.

17h nous nous arrêtons prêt d´une petite cabane où vit un vieux fermier qui doit avoir près de cents ans ! Il nous donne de l´eau et nous campons non loin de là. Le vent s´arrêt il est 19h. Et ce soir qu´est-ce qu´on mange ? Des pâtes au thon. Faute de merle mangeons de la grive, certes, mais au bout de 5 jours on voudrait bien changer un peu !

Cinquième jour, on s´en sort…

Ce matin ça file, pas de vent et un beau ciel bleu. Nous arrivons au village de La Reforma pour 12h et nous installons à l´ombre près du tank d´eau du village. Ravitaillement : sardines à l´huile et thon en boite… mais aujourd´hui nous aurons aussi des fayots sauce ranchera pour améliorer un peu le merle J youhou

Nous repartons de la petite communauté il est 14h. Le chemin de caillasse recommence avec une petite montée pour démarrer l´après-midi. Nous avons dû progresser car nous ne nous en sortons pas si mal. Et puis sans le vent ça n´a juste rien à voir, même Poupette monte la cote, quand soudain… quelques 100m devant Chou s´arrête… il semble que son sac à dos soit tombé du porte bagage… ah moins que… non, c´est le porte bagage entier qui est tombé !!!! La tuile.

La vis du collier de serrage qui retient le porte bagage à la selle a sauté. L´écrou n´est plus là et nous nous rendons compte que ça a été monté n´importe comment. C´était évident que ça ne pouvait pas tenir… Chou bricole un truc, nous rajoutons du gros scotch pour maintenir le tout. Il faudra bien que ça tienne jusqu´à Cuatro Ciénégas. Nous repartons et roulons quelques heures. Nous nous installons pour la nuit près d´une éolienne, ce soir il y aura de l´eau tant qu´il y aura du vent ! Nous en profitons pour nous dépoussiérer un peu sous le jet d´eau fraiche.

A la tombée de la nuit, le fond de la vallée s´illumine. Devant nous Cuatro Ciénégas, nous sommes presque arrivés !

Sixième jour, après l´effort vient le réconfort…

Aujourd´hui c´est fini, nous sommes si près que c´est impossible que nous n´arrivions pas. Nous partons confiants. Après un petit arrêt au village de Venado pour confirmer la route à suivre nous repartons. Il nous reste alors 4km de route de pierres puis 17km de route de terre. « C´est de la terre, pas du sable ? » avait demandé Poupette. « Non, non c´est de la terre ».

Bon et bien faute de terre mangeons du sable ! Après les 4km nous passons le petit pont et attaquons le sentier de terre recouvert de… sable ! Parfois sur quelques bons centimètres. Vous avez déjà roulé dans le sable en vélo ? Et bien c´est comme rouler avec les deux pneus crevés.

En plus Poupette a l´impression de s´être fait passé les fesses au papier de verre… il est temps qu´on arrive là !

Nous entrons dans la réserve de Cuatro Ciénegas, les premiers bassins d´eau transparente apparaissent dans le paysage, le sol se couvre de plaques de sel et de trous. Après avoir roulé dans le sable, nous roulons sur la lune. Vive les amortisseurs.

Il est 15h lorsque nous arrivons enfin dans le joli village de Cuatro Cienégas, avec ses maisons coloniales de toutes les couleurs, ses petites rues et ses petites échoppes. Et c´est dans une charmante auberge que nous établissons notre camp de base, avec une chambre plus grande que nos anciens appartements parisiens et une salle de bain flambant neuve. Et après le grand nettoyage ce sera… barbecue dans le jardin avec une bière fraiche !!!!!!

Voilà, nous avons effectué 252km en 6 jours ce qui fait une moyenne quotidienne de 42km et qui n´est pas si mal pour un début compte tenu des difficultés rencontrées. On ne peut QUE s´améliorer ! Prochaine étape Cuatro Ciénégas – Jimenez mais en attendant un peu de détente dans la réserve ne peut pas nous faire de mal. Nous repartirons samedi matin.

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Catégories : Amerique centrale, Mexique | 4 Commentaires

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4 réflexions sur “Saltillo – Cuatro Ciénégas, première étape réussi.

  1. Belle vos photos ! Jolies montures ! Moins bien que les Harley….quand même !

  2. Ronez

    Tiens, je me ferai bien on bon plat de pate au thon et a la tomate, je vous en garde un peu pour votre retour !! hihhihiihi !! Courage, bientot les burgers americains !!
    Bisous

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